Les sceaux

Les sceaux
Il nest pas possible de mettre sur pied un armorial ou sadonner à lhistoire dun pays, dune région, dune ville ou des familles sans une étude préalable des sceaux employés au cours des siècles ; sceaux qui, en réalité, sont antérieurs à la science héraldique. Depuis les Sumériens, les sceaux furent couramment employés, lEurope occidentale ne fut point à la traîne et toutes les couches de la population lemployèrent.
Depuis les temps les plus reculés, lapposition du sceau servit à témoigner de la présence, de la participation ou du consentement des personnes qui figuraient sur les actes. Tenant lieu de signature ou la parachevant, il faisait en quelque sorte partie de la personnalité. En outre, il corroborait l'authenticité des documents. De là, les peines terribles qui frappaient ceux qui osaient dérober ou falsifier un sceau. En cas de perte ou de vol dun sceau, il fallait obligatoirement avertir la Justice afin darrêter toute tentative dabus.
Le sceau est une empreinte obtenue sur un support par lapposition dune matrice présentant des signes propres à une autorité ou à une personne physique ou morale. Cette empreinte se fait généralement sur de la cire, par opposition à la bulle imprimée sur une matière métallique. Lemploi du sceau sert soit à clore et à garantir le contenu dun courrier, soit affirmer sa provenance, soit authentifier un acte : ces trois intentions ne sont toujours pas réunies. Son usage remonte avant lapparition de lécriture et est déjà attesté en Mésopotamie au IVe millénaire avant notre ère.
Si le sceau était très apprécié des officiers publics, qui y voyaient un signe dauthenticité pour la correspondance, il devint vite armorié, car chacun tenait à y placer ses armes bien en évidence. Nous devons aux bénédictins de savantes études sur les sceaux du Moyen Âge. Grâce à cette compilation décrits, de détails et de dessins, il est permis de se faire une idée des temps passés. Une science nouvelle naquit : la sphragistique (du grec sphagis: sceau), autrement dit la sigillographie (du latin sigillum : sceau). Grâce aussi à cette science, la science héraldique avec ses particularités propres emboîta le pas.
Les sceaux présentent cependant quelques inconvénients.
Bon nombre dentre eux subirent les outrages du temps, ils
sont alors brisés, abîmés, usés, voire
détachés de leurs supports. Leur interprétation
nest pas facile, car, si l'on ajoute à cela l'absence
de couleurs pour les armoiries surtout, et même labsence
des guillochis les représentant, il faut déployer
toute son énergie pour arriver à les déchiffrer.
Il faut savoir aussi que, pour le Moyen Âge seul, plus dun
demi-millon de sceaux ont été conservés.
Ce patrimoine est entre de bonnes mains !...
...
Par leurs détails archéologiques et épigraphiques, les sceaux présentent une mine de renseignements très précieux et inimaginables ! En effet, chaque détail nous mène sur des sentiers insoupçonnés : le pays ou la province dorigine, limportance du personnage ou du bâtiment architectural représentés ; la faune et la flore parfois ; les monuments souvent disparus, des légendes et des scènes historiques.
Quant aux sceaux armoriés, ils nous donnent moult détails précis concernant un personnage. En se penchant sur lhistoire de celui-ci, elle nous mène vers une connaissance plus poussée de la famille, souvent vers une généalogie et létude de ses divers membres par les brisures des cadets de famille par exemple. Ces sceaux complètent les données des actes rédigés, le sobriquet éventuel, les métiers exercés et les alliances contractées grâce aux armoiries gemellées. Bref, ils nous ouvrent de vastes horizons sur les plans de la grande comme de la petite histoire ! (juin 2007)
Adolphe Prouveur
Francis Hoebeke
Paul Sanglan.
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Données techniques et quantitatives:
- Nombre : 663 sceaux
- Format physique : +/- 3x3 cm
- Nnumérisé sur epson V10
- Brut de scan/page : jpeg rvb 1200dpi +/- 1,5 Mo
