NEPTUN

VENDR.·SAM, JANVIER 1926 • 9m• année, n• 1 JOURNAL QUO~IDIEN ABONNEMENTS RÉDACTION ET À.DMINIST:&ATION B O U LEVARD MÉLOT, 10·11, NAMUR . .Com~te chèques postaux 33120 TARIF DE PUBLICITÉ An nonces . • . • la ligne UlO I Annonces financi ères, convoca- l Chroniqne sporti,e. la ligne~.SO I Annonces jndiclaim • la ligne 2.00 Par la Poste: 1 an, 42,70: 6 mols, 22,20; 3 mols, 12,20 Tél. : Adm1n1s1rat1on et publicité, N• 10; Rédaction, N• 849 Vente• par notaires , {.00 lions de sociétés, rapports I Réclames • , . , , L OO Chronique locale • • • 3.IJ0 Nêcrologie. . • • ~ .50 banques, etc. • . , la ligne {.li0 j Faits dirers • • • • 2.lSO Réparations judiciaires , 3.00 Le Numéro : 20 centimes A nos abonnés· et lecteurs L'inondation nous prive de ga.z. N os m achines à composer sont réduites à. l'inaction. Jeudi , nous a.vions tenté de pa– raître à peu. près normalement, m a.is à p ein e a vion s-nous imprimé un quart des exemplaires néces– saires a. u service de nos 'abonnés, que le courant électrique nous fut coupé. Le tirage du numéro de jeudi a donc été continué ce samedi ma.tin. Un certain nombre de nos ou– vriers sont prisonniers des eaux; nous n'avons done qu'un person– nel réduit, et force nous est de ne lancer qu'un fragment deJourna.l. Nous prions nos lecteurs denous excuser, vu le cas de force majeure. -------~ .... ------ un uesle de la Presse belOe Bruxelles, l. - En présence du dé– sastre national provoqué p11,r les inon– dations, le Cc,mité de l'Association de la Presse belge est convoqué d'urgence dimanche matin, à 10 h., à la Mai.son de la Presse à Bruxelles, pour orga– niser une grande sous·cription natio– nale, dans un profond él an de solida– rité humaine.· ----------------- La maladie du . Cardinal Mercier LL. MM. le Roi et la Reine font prendre r égulièrement des nouvelles du cardinal. Nos souverains s'étaient informés les premiers ,, de l'issue de l'opération. Jeudi soir, les membres de la Droite du Sénat ont fait r emettre au Cardi– nal cette adresse : « Avant de se séparer, les membres de la Droite présentent à Son.Emi– nence le Cardinal Mercier leurs J"es– pectuenx souhait s de sainte et heu– reuse année, ~t ils, La prient d'agréer l'assurance des vœux ardents qu'ils forment pour la guérison complète et r apide du très aimé Primat de Bel– gique. ,, . • •• Brux.elles, 1•r. - Qn annonce q~e le cardinal Mercier a passé une très bon– ne nuit. Il a pu dormir, jusqu'à envi– . ron 3 heures du matin, d'un sommeil · paisible. Il a pu s'alimenter un petit peu. ,. •• Bruxelles, 1°'. - Voici le bulletin pu– blié, ce soir, à la clinique de la rue des Cendres : « Son Eminence a passé une excel– lente journée. L 'améliora tion consta– tée ce matin se maintient. T empératu– r e, 36°8; pouls , 74. i, • •• Paris, 31 décemb re. - L'Académi e francaise a décidé d'envoyer au car– dinai Me1,cier le télégramme suivant: « L 'Académie fr ançaise, réunie en séance, expr ime au cardinal Mercier sa respectueuse sympathie et ses vœux de prompte guér ison. ,i • ** Voici les nouvelles de samedi ma- tin : << La sit uation est normale. Son Eminence va aussi bien que possible. ,i ------...- --- - - --- La fête du Christ-Roi au Vatican Rome , 3x. - Le Pape, en tête d' un cortège comprenant des cardinaux, des évèques et des dignitaires ecclésiasti– ques, est descendu ~'i, la basilique de Saint-Pierre, selon le cérémonial solen– nel, sur la« sedia gest::itor·i:1. >. Il a célébré une grande messe pour la fête du Christ-Roi. Un < Te Deum > a été chanté cnsllltc. Le Pape a donné sa bén éclictm1 à la fi 1 de la cérémonie. Il a tl':.verst'.: de nouvea•.1 Il Basilique et es t rentré dans ses ap?artem~ :1t$. A l'entrée dn cortège et a sa sortie de a Basilique, un~ foule immense a salué e P0nti fo p2.r des acclamation.;. les inondations dévastent la région de Namur ' LUGUBRE JOUR DE L'AN . Le jour de l'.A.n pour les habitants :des bas quartiers de la ville a été un triste jour. Cloîtrés chez eux, man– quant d'eau potable, de gaz, d'électri– cité, affamés, sans communications avec les u: secs », ils ont dû se conten– ten de regarder et ••. d'attendre. Rue St-Nicolas, l'eau dépassait le La désolation pèse snr le pays. Le sans doute ces conduites . sont-elles 1er étage; rue des Brasseurs, elle attei~ fléauquis'estabattusurluiestterrible, court-circuitées. gnait 1 m. 50, d'où elle se déversait Sur tout le parcours de la Mense et de :. dans les rues latérales atteignant pres- la Sambre, l'inondation canse d'im- L'eau a. commencé à, régresser à que la rue de la Croix et la rue du menses ravages. Leurs affluents, dé- partir de minuit, peudant la nuit de Collège. Les plus fortunés ont pu, par bordés, dévastent, eux aussi, les ré- 'jeudi à vendredi. Vendredimatin, on bachots, se réfugier et loger à l'hôtel. gions qu'ils traversent. Les riantes constatait quelques centimètres de Dès 8 heures du matin, le pain vallées sont semées de ruines. recul. Celui-ci a continué ensuite. manquait et beaucoup de sinistrés .ont Partout, la terre gorgée d'eau, Samedi matin, à La Plante, on cons- dù recourir à la charité de voisins est semée de flaques, . les moindres ta.tait une baisse de 78 centimètres. prévoyants. ruisseaux sont torrents, les fontaines • De la rue des Brasseurs, par la rue s'épanchent dans les chemins. Des • • du Pont, on pouvait gagner la Meuse Visites ministérielles Hier vendredi,à 2h.après-midi, le Général Kestens. ministre de la. défense nationale; est arrivé à Namur en compagnie du Colonel Crouquet, son chef de cabinet, et du Colonel Bradoux, du génie, chargé de la direction des ser– vices des secours et de ravitaille– ment. Ils ont parcouru la ville avecM.leBourgmestre etle major Larny. Oe matin,' le comte de Liede– kerke, ministre des affaires éco– nomiques, délégué par le premier ministre souffrant, accompagné des membres de son personnel,est lui aussi arrivé en ville. M. le Bourgmestre les a con– duits dans lesquartiers sinistrés. rochers tombent des cascades et dans L 'échelle des inou d ations placée en barque, cela ne s'était jamais vu. les bois; les feuilles mo,rtes cachent auprès du pont de Sambre i nd ique que La situation a dépassé en tragique Au Conseil communal d'immenses marécages. le niveau d'eau a dépassé de 12 centi- celle de 1880, année fameuse dans les Hier a eu lieu une séance du • mètres celui de 1880. fastes «humides». Conseil communal, à, laquelle Et tout cela et l; ~luie se déversant :. l L11, Meuse et la Sambre montaient assistaient les docteurs de la dans les fleuves font de la Belgique Au fort de l'inondation, on peut là raison de SO centimètres à l'heure et Oroix-rouge et du Comité de salu– tout entière une vaste. inondation apprécier qu'il passait en Meuse dix la nuit de jeudi, encore, il y a eu une britépublique, le Colonel Badoux dont la date restera ·ineffaçable des millions de mètres cubes d'eau à chute de pluie considérable. le Colonel Chevalier de Mélotte' mémoires. l'heure. Le moral dee sl.nistrés, partout, est le Major Lamyet plusieurs autre~ 1851, 1880 dont le souvenir per!,is- Du _fond de la M,e,use à sa surface, il resté excellent• . o~ s'entr'aidait. ~a officiers. tait ont été dépassés. Pas une ville, y avait_ 8 màt;e~ d eau. co~ageuse cordialité wallonne ava1~ Le Bourgmestre afaitconnaître pas un village proche de la Meuse et Le n1vea.n eta1t de 5 m. 50 au-dessus pns le dessus. 1 t . é é de la Sambr~qui ne soit sous eau. Les de la normale, Il convient de rendre hommage aux e~ mesures urgen .es _qUJ. ont t constructions qui n'ont !)as été spé- .,•., louageu.rs - dont un a perdu ses deux prises pour le rav~taillement en cialement conditionnées pour échap- Au pont de Sambre, le niveau a dé- chevaux, pris de refroidisseD;1ent - eau pot~ble, en pam, en charbon par aux crues les plus invraisembla- passé de 12 centimètres le niveau de aux bateliers, aux boulangers qui ont et en lait. · bles sont à demi-submergées. On ne 1880. fait l'impossible pour ravitailler les Des envois considérables ont compte pas les maisons ou l'eau A Jambes le niveau dépasse de 35 inondés. . . . été reçus pour suppléer à l'insuffi- atteint le premier étage. centimètres celui de 1880. Vendredi miù,m, deux vaillantes re- sance du ravitaillement local car Quand on contemple, du haut de la Il y a eu 15 centimètres d'eau dans ligieuses se promenaien~ en c~mion beaucoup de boulangers ne peu- Citadelle, la vallée, l'effrayant specta- l'église. dans les ~nee ttan~îormees en canal, vent plus travailler. cle dépasse toute imagination. , .•. offrant leurs se!vices aux malades. Plus de 6 000 pains sont venus A'perte de vue, l'eau J·aune s'étend C t· · 1 · dé" 1 Honneur et merci à ces braves cœurs! d B 1 ' . uniforme et tragique. On voit la Meu- e ma m, on circu ai.t Ja sur e Les Namurois que la catastrophe ne e_ ru~~ le~; 7 ,000 kp"~ de . blf- trottoir du boulevard de la Meuse, à reten.,;t pas chez eux ont pu se rendre cuits m1htaires ont ete amenes se dessiner là-bas, vers Profondeville, J h L' tt · t · ""' son cours sinueux comme une grosse am es. eau a a em 'an maximum, compte de l'effroyable force des eaux. d'Anvers. en face du Kursaal, l'entrée du. jardin La Plante, Jambes étaient et sont ligne tordue, blanchâtre, imprécise qui le précède, vers la ville. entre les masses sombres des monta- Il n'aurait plus fallu que 50 à 60 cen- encore submergés, ce samedi matin, gnes. , timètres de hausse pour atteindre le n;algré que l'eau ait baissé de ?5 cen- Puis la voilà à Wépion, à Dave, de parapet du pont! Cela aurait provo· t1mètres. ~a M~use, ~n certams en– chaque côté, ellefrappeleflancdes col- qué l'inondation complète de la ville droits, avait qum~uple ~e largeur. A lines . De s:i.- masse émergent des toits et la destrnetion de J ambca. , , Waulsort, nous dit-on, c est un, spec- de maisons, des cimes d'arbres. • • tacle de pure horreur. Les menages La chaussée rejoint, à l'entrée de • • ont dû se réfugier dans les mansardes. Wépion, la Meuse. La chaussée appa- Le passage, rue dn pont, se fait en- Il fallait faire usage de longues échél- rait semblable à une rivière. Entre core par une passerelle élevée sur tré- les pour gagner les barques. . elle et le fleuve, il y a comme une tCeaux, où l'on défile à, la queue-leu-leu. •*• presqu'île semée de taches, ce sont ela ne manqne pas de pittoresque et, Jeudi soir, un détachement de trou- les maisons isolées les unes des au- malgré tout, provoque parfois le rire. pes d'Anvers - 282 hommes du génie tres, entourées d'eau. En face, c'est :. et un bataillon de pontonniers, corn– Velaine et ses jardins où s'éparpillent Auprès de la Citadelle, le « tienne mandés par le colonel Padoux - a les maisons des maraîchers. On n'y qui ratte i>· est considérablement des- collaboré au sauvetage des sinistrés voit plus rien, sinon des maisons dont cendu entraînant avec lui des acacias. la hauteur est de moitié réduite. Cer– taines ne signalent leurs présence que par des toits. , L'eau s'étend jusqu'au pied de la montagne oû court la ligne de Lu– xembourg. Del'IleVas-t'y-frotte n'ap– paraissent plus qne quelques brous– sailles, les têtes des plus hauts buis– sons . Et puis là-bas, c'estJambes . Jambes est effroyable à voir. Dans l'immobi– lité des choses, ses rues se dessinent comme des canaux. Construite en contrebas, la com– mune de Jambes forme un entonnoir où, sans doute, l'eau aura atteint de formidables hauteurs. La Meuse y commet des ravageH inouïs. Jambes est située dans l'axe d'un cercle décrit par le fleuve. Celui-ci, débordé, se pré– cipi~e en ligne droite .vers les Grands– !11alades et Beez et avec toute la force de son courant traverse Jambes. Rien n'y résiste à l'élément déchaîné. A t ravers les maisons dont les fenêtres ont cédé sous la poussée, l'eau passe en tourbillons. Elle tombe par les ou– vertures dans les rues. Elle continue sa course et déferle partout en tor– rents. Beaucoup d'habitant., ont foi. Les antres, réfugiés dans les étages, · y souffrent les, terreurs de l'angoissê. Les pontonniers ont t endu des cables dans les rues ; leurs barques sui.vent ces câ bles pour por ter aux sinistrés, àvec mille difficu !tés ,le ravitaillement, On dit qu' a raison de l'impétuosité du cou!'ant, il y a des maisons qn'on ne pent pas atteindre ! E t là-b as, dans la plaine, dans ces petites-maisons isolées dont on ne voit presque plus rien, mon Dieu , y a-t-il des gen s ? Que deviennent-ils ? Et quand vien t le soir, tombant sur tou t cela , c'est l'obscurité, le noir comp:tet, horrible et silencieux. On a connu, pendant la guerre, des soirs qui avaien t cette l ourdeur , cette ango isse, cet te tri "'"""e infini e... Un de nos a nü ., , .,, L monté, Jüer , en h aut de la citadelle muni d'une vieille i)hotographie repr ésentant les inonda– t.io- ns de 1880. La r essemblance est frappnn l P "ntro Je.:: den :1: catnc 1 ysm<>· . .. Le::., service~ 1t:1ôpl.i0uiqt,es sout, ce matiu interrompus r.vcc les environs de Xamur. Une ·par tie des fils sont, on le ~a it , à conduite souterraine en ville , • ... Un peu partout on voit de::s soldats du génie circulant dans l'eau des rues, vêtus de hautes bottes en caoutchouc. Les barques en fer. de l'armée sont également en service. On en a amené. beauco11p d'Anvers par traction automobile. , • • • L'un des quartier;; les plus éprou– vés de la ville est le faubourg Saint– Nicolas. Le courant y est tellement violent que certaines maisons n'ont pu être même ravitaill,ées. • • • On sigua,le de beaux dévouements notamment de gens de .La Plante, les Roland, les Defaux, les Marneffe qui n'ont pas hésité à plus d'une reprise à franchir la Meuse pour aller sauver des sinistrés dans la plaine de Jambes. • •• En ville, ·ouse fait la charité de fa. ~-on touchau te. On se passe, à l'aide de iicelles ten– dues et de c::mnes à pêche, des pots et ... cigarettes. Des l eligieuses circulent en bar– quette dans les quartiers populeux et ouvriers offrant leu rs secours aux malades. · . • • Dans la prpvince, pas plus qu'à Namnr, on ne signa le heurensement pas de vict imes humaines. La situation d'Yrnir est des plu::; critiques; cet te commnne a demandé des barques, de même que H oux, où des vies sont en péril . • •• Sur la Meuse on a vu passer des épaves ét ranges. On signale même que du bétai l mort a été ch nrri P. J':.r .le cour ant. ~ . .. Les i.:l.iasseurl:l d'épa veB abouùent. Armé:s de gaules, de crochets et de piques, ils pêchenL tout ce qu'ils peuvent. • • • A Aiseau, t ou t le quartier de !lle– aonry est sons eau. A certains en– ùroits, les habitalious sont daus l'eau jusqu'au premier étage. Le ra~i taille– ment de la population se fni t au moyen de l>arqnes, Tontes les com– muni ca tions entre les communes de la Basse-S.ambre, Aiseau, Tamines, Au– velais, etc. son t interrompues. namurois. • • • Rendons hommage au Garage Fran– cotte qui, la nuit du 31 décembre au l•• janvier, a procédé à l'éclairage des locaux des Postes aµ moyen d"appa– pareils Magondeau'X. • •• A Andenne, les ch.i,ussées de Namur et de Liége étaient inondées jusqu'au centre dé la ville. Samedi matin, les eaux se ·sont reti– rées là, mais on ne sait en quelle me– sure. • •• A Namur, le pain a reparu en abon– dance dans les bas quartiers de la vil– le, on. n'y attend plus qne l'eau pota– ble et... la lumière. - Achetèz des bougies ! Une partie de la ville, cel'le qui n'est pas inondée, est éclairée par l'électricité. Le reste est toujours plongé dam: l'obscurité. On ne pourra rétablir le cou– rant électrique qu'après vérificati;)n et réparation des cc boîtes ». Donc pour vous éclairer, pendant plu– sieurs jours, procurez-vous des bougies! Distribution de gaz et d'électricité La Société du Gaz prie instamment ses abonnés de bien: vouloir se confor– mer aux indications suivantes : x. Afin d'éviter tout accident, lors du rétablissement de la pression dn gaz, il est indispensable de fermer soigneus~– ment les robinets de tous les appareils d'utilisation , · tels que becs, réchauds, foyers, etc. 2. Lorsque le réseau sera remis en charge, ce dont on sera averti par le ré– tablissemeut de l'éclairage public, les abonnés devront, avant d'allumer les appareils d'utilisation de gaz, purger d'air la canalisation intérieure en ou– vrant séparément quelques inst~nts le robinet de chaque appareil que l'o'l veut metti-e en usage. .3. La distribution de l'électricité est provisoirement limitée aux seuls secteurs desservant les parties non inondées de la ville. Les moyens de productio,1 étant fort restreints, 11 est désirable de n' utiliser l'électricité que pour les besoins ! S plus urgents et de supp1;mer tout éclairage de lu• ~: 203 • • Différents comités ont été offi– ciellement établis : 1. Le comité de la Croix Rouge, sous la direc– tion du docteurDethier.Cecomité faitJ appel aux sociétés de la ville pour recueillir fies secours. Cel– les-ci peuventsemettre en rapport avec le docteur Dethier. 2. Le comité du ravitaillement en pain, eau, lait, dirigé par M. l'échevin Mathieu. 3. Le comité du combustible assuré par MM. les conseillers Ducoffre et Bovesse. M. le conseiller Leroy a remis au comité de secours une somme de 500 fr. de la part d'un générèux anonyme. Cercle Concordia Par suite des circonstances que nous traversons,la fête qui devait avoir lieu ce dimanche, est remise à une date ultérieure. Au Collège de la Paix La rentrée des élèves est retar– dée de quelques jour_s. _____ ___, _________ CROIX ROUGE DE NAMUR Le Conseil communal, réuni d 'urgence hier, 1•r janvier, ,a chargé le Comité namurois de la Croix-rouge d'organiser le service des secours aux sinistrés. Le dit comité a pris consé– quemment l'initiative de provo– quer l'organisation de collectes, soirées, etc. dont le produit ser– vira à aider les centaines de fa– milles de Namur atteintes par l'inondation. A cet effet, il fait appel aux divers organismes charitables , philanthropiques ou à but huma– nitaire afin d 'obtenir leur con– cours. En conséquence, il prie les présidents des dites sociétés d'assister à une r éunion qui se tiendra 2. l'hôtel de ville , demain dimanche , à 10 h. 1/ 2, à l'effet de prendre toutes dispositions d ' nr- g euce. Pour le Comité : Le Secrétaire, Lll Président. II. PIG::i'EUR. Dr DETRIER. ----- ~ Un émouvant sauvetage à Aiseau A n hameau d'Oignies , une maison – nene de bois se trouvait complètement 1svlée, émergeant, toute seule, de l'im– mense étendne d'ean. Affol és, les tiua– tre occupan ts, le pèr e, la mèr e et deux enfants se réfugièrent à l'ét age; de là, faisaut nn tron dans le toit, il 1,gagnè- ... rent le faîte de l'habitation et s'y mi– rent à califourchon, faisant des si– gnaux avec un drapeau blanc. Un ba– telier les aperçut.. Il partit en barquet– te du rivage du charbonnage et, après avoir traversé, sans accident, la nap– pe d'eau, parvint à effectuer le diffici– le sauvetage des quatre malheureux, qu'il alla déposer en terre ferme, snr le territoire de Tamines. _________ ,_ ______ LE SENAT Séanoes du jeudi Sl décembre lie.tin On vote sans discussion les articles d11 pro– jet concernant les droits d'entrée et accises· les taxes sur les boissons, le budget de~ voies et moyens, les crédits provisoires, les articles du projet de contingent. On passe à la discussion de l'emprunt de 500 millions poul' le compte de la colonie. Les Inondations M. DIGNEFFE, pal' motion d'ordre, de– mande que des mesures soient prises d'ur– gence pour iail'e effeetuel' les travaux pro– pres it. empêcher le retour d'inondations aussi graves que e"lles qui désolent actuel– lement la. vallée de la lieuse. Divers membres s'associent à ces paroles. M. JANSSEN promet de faire part de ces observations à son collègue des Travaux publies. Après cela les articles du projet d'emprunt colonial sont adoptés et la séauce est suspen– due a midi 1/4. Après-midi Le Sén&t adopte les articles d11 projet de loi prorogeant les lois antérieul'es auto.rl– sa,nt le gouvernement à, s'opposer à l'exploi– tation excessive de certains bois et forêts. On vote le droit de timbre, les imp9ts di– rects et·taxe, y assimilés, les droits d'entrée et accises, les taxes sul' les boissons, le bud– get des voies et moyens, les eréaits provisol– Je contingent, le tarif des douanes, la, loi su.r les bois et forêts, l'emprunt pour le Congo. Les inondations M.BERRYER soulève de nouveau la. aues– tion des inondations et supplie le ministl'e compétent de faire d'urgenée,à quelque prix que ce soit, les trava.ux nécessaires. Qu'au oesoin on renonce u d'antres dépenses, fût– ce à celles de l'exposition, mais que pa~ quelques moyens que ce soit, on trouve la possibilité d'é'l'iter le retour de pareilles catastrophes. MM. de MEVIUS, RONGY, SEEUGER, DEMOULL~, THIEBAUT, GILLE$ de PE· LICHY s'associent à l'invitation adressée pa.r M. Berl'yer au gouvernement. M:. R0LIN-JACQUEô1YNS déclare reve– nil' de Liége où il est allé se rendre eompte de la situation. Celle-ci est extrèmement grave. A. Tilleur, l'eau dépasse de 50 centi– mètres celle des nlus fol'tes crues; à Na.mur, l'eau p:1.onte de 10 centimètres pBl' heure. Il est des maisons qui ont de l'eau jusqu'au premier éta.ge . A Liége, l'eau passe en tor– rent sur le boulevard d'Avroy. Les mesures les plus urgentes ont été pri, ses. Des sommes ont été distrfünées; d'au– tres vont l'être. Les soldats du corps des pontonniers soat Il. l'œuvl'e et le ministre de l'Intérieur et ce– lui de la. Défense Nationale se sont mis d'accord pour l'utilisation d'autres troupes. Il ne s'agit pas seulement de travaux, mals de ravit&illement des sinistrés, et des ins– tructions ont été données d'urgence. La. digue établie à hauteul' du eharbon– na.ge de Ma1'1haye s'est rompue et l'eau en· va.hit Seraing à 4 mètres de hauteur. Il y a là 2500 maisons inondées; :\ '.l'illeul', il y en a. 600. Le ministre des Finances s'occupe actuel– lement d'envisager les mesures propres à accomplir un grand devoir de salut publlc. Les travaux propres a éviter le retour du mal doivent durel' plusieurs a,nnées. Ce n'est pas une l'aison ponl' 'hésiter • les en• treprendre immédiatement. (Appl.). Le Sénat s'ajonrne au ma.rdi 19 janvier. -------- LA SITUkTION A CHARLEROI Au cours de la, journée d'hier, les eaux ont sensiblement baissé. Aussi, la place du Sud, à Charle– roi, ainsi que les rues adjacentes, qui étaient submergées avant– hier sont-elles complètementdéga– gées. Il ne reste dans les mai• sons riveraine qu'une épaisse couche de limon que les ména– gères s'emploient à enlever à grandes eaux. A CHIMAY - Une catastrophe évitée L e quartier de Wayeres à, Chi– may, composé de petites maisons ouvrières, -a été durement éprou– vé par 'la crue subite cle l'Eau Blanche. Une dig·u e s 'étant rompue à Seloigne, un flot torrentueux envahit ces maisons quelques minutes plus tard, surprenant les habitants affolé s. Un terrible accident faillit se produire. Deux vieillards les époux Joseph La1ot, le mari â.g·é de 79 a ns et s a femme Justinne Pachelart, 87 ans, étaient bloqués dans leur maison envahie et une double noyade était inévitable si on ne leur avait pas porté se– cours immédiatement. Une voisine, AdolphiJ:!e Dupont, épouse Alphons e Van Oaneghem . entendit l eurs appels de d étra:,;ts ti et, b i en qu'elle eût déjà. :,;auvé ses enfants, elle risqua encore deux fois sa vie pour arracher les époux La.lot à une mort certa,ine.

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